Les isoflavones
Les isoflavones font partie du grand groupe des composés végétaux appelés les composés phytochimiques. On croit que ces composés, trouvés uniquement dans les plantes, sont excellents pour la santé et contribuent à réduire les risques de maladies. Des chercheurs sont en train d'établir de plus en plus de preuves soutenant qu'une alimentation riche en composés phytochimiques pourrait aider à réduire les risques liés aux cancers, aux maladies cardiaques, à l'arthrite rhumatoïde, à la dégénérescence musculaire, à la maladie d'Alzheimer et à d'autres maladies.
Les isoflavones sont également appelées phytœstrogènes, ou œstrogènes végétaux, parce qu'elles ont une composition chimique similaire à l'hormone féminine, l'œstrogène. Cela dit, les isoflavones ne sont pas des œstrogènes. Certaines d'entre elles peuvent reproduire les effets positifs des œstrogènes, ce qui pourrait expliquer leurs bienfaits1,2. Les isoflavones peuvent aussi agir en tant qu'antiœstrogènes et aider à réduire certains symptômes négatifs ou facteurs de risque associés à l'œstrogène3,4. Les isoflavones procurent aussi plusieurs bienfaits physiologiques n'étant aucunement liés à l'œstrogène. Par exemple, les isoflavones ont également été étudiées pour leur potentiel antioxydant.5.
Les aliments enrichis de soya et les isoflavones
] Il existe très peu de sources nutritionnelles contenant des isoflavones. En fait, les fèves de soya et les aliments enrichis de soya, comme les boissons de soya, sont les seuls aliments couramment consommés qui contiennent des quantités importantes d'isoflavones. Les suppléments de soya en contiennent également. Cependant, le soya et les suppléments de soya ne sont pas très populaires auprès du grand public et de nombreux Nord-Américains ne consomment pas ces composés bénéfiques en quantité suffisante. En revanche, les Japonais consomment près de 25 à 50 milligrammes d'isoflavones par jour - la quantité contenue dans environ une ou deux portions de soya. Des chercheurs croient que cette différence pourrait expliquer les taux comparativement bas de certaines maladies au Japon et dans d'autres pays d'Asie où le soya est consommé couramment.
Les isoflavones et la santé
Des recherches de grande envergure sur les bienfaits potentiels des isoflavones sur la santé sont présentement menées à plusieurs niveaux, dont :
Les maladies cardiaques
Les isoflavones pourraient améliorer l´état de la paroi des vaisseaux sanguins, ce qui pourrait réduire les risques de maladies cardiaques6, 7. Elles pourraient également contrer certains effets néfastes du cholestérol LBD (le « mauvais » cholestérol) en freinant les effets dommageables du cholestérol LBD sur les artères8, 9.
La santé osseuse
Des études faites en Asie établissent un lien entre la consommation d'isoflavones et une meilleure densité minérale des os, une mesure de la robustesse des os10. De plus, une étude a démontré que les femmes vivant à Shanghai, en Chine, qui consomment le plus de soya, avaient trois fois moins de risque de se fracturer un os, comparativement aux Chinoises qui consomment du soya en moindre quantité11. Des recherches cliniques, durant lesquelles les chercheurs peuvent contrôler les quantités d'isoflavones consommées, ont également suggéré que les isoflavones soutiennent la santé osseuse. Plusieurs recherches à long terme sont présentement menées afin de confirmer ces découvertes. Bien qu'il faille encore attendre plusieurs années pour connaître les résultats de ces recherches, les données obtenues jusqu'ici sont encourageantes.
Les symptômes ménopausiques
D'autres recherches ont établi une relation entre la consommation de soya et la réduction des symptômes de la ménopause, comme les bouffées de chaleur. Bien que certaines femmes ménopausées n'éprouvent pas ces symptômes, celles qui sont fréquemment victimes de bouffées de chaleur connaissent un soulagement considérable lorsqu'elles incorporent des aliments contenant des isoflavones à leur régime alimentaire12.
Le cancer du sein
Des chercheurs sont partis de l'hypothèse que le soya pouvait aider à réduire les risques liés au cancer du sein lorsqu'ils ont découvert, sur le plan historique, des taux plus bas de cancer du sein chez les populations asiatiques. Des recherches en cours étudient l'hypothèse voulant que la consommation de soya pendant l'adolescence réduise les risques de cancer du sein dans la vie adulte13. Des études expérimentales prometteuses suggèrent que la consommation d'isoflavones expliquerait l'hypothèse proposée.
Le cancer de la prostate
] Un rapport a aussi été établi entre la consommation d'aliments à base de soya, riches en isoflavones, et des résultats positifs concernant le cancer de la prostate. On a observé une croissance moins rapide des tumeurs de la prostate chez les Japonais et ces tumeurs sont moins enclines à mettre leur vie en danger14. Pour mieux comprendre ce rapport, des études ont été faites en éprouvettes et sur des animaux. Il a été démontré en éprouvettes que les isoflavones ralentissent la croissance des cellules cancéreuses de la prostate et qu'elles ralentissaient le développement des tumeurs de la prostate chez les animaux.
Ajouter des isoflavones à son régime alimentaire
Les aliments à base de soya, comme les boissons de soya et le tofu, contiennent les plus grandes quantités d'isoflavones. Un nombre croissant de recherches prometteuses indiquent que la consommation quotidienne d'une à trois portions d'aliments à base de soya et faisant partie d'un régime alimentaire équilibré, faible en cholestérol et léger en matières grasses, pourrait aider à réduire le risque de certaines affections chroniques. En plus des bienfaits offerts par la présence d'isoflavones, un aliment de soya (comme la boisson de soya Silk) est également une source de protéines de soya (qui, comme toutes les sources de protéines végétales, ne contient aucun cholestérol) et une excellente source de calcium et de plusieurs autres nutriments qui cadrent tout à fait avec un régime alimentaire sain.
1. Kuiper GG, Carlsson B, Grandien K, Enmark E, Haggblad J, Nilsson S, Gustafsson JA. Comparison of the ligand binding specificity and transcript tissue distribution of estrogen receptors alpha and beta. Endocrinology 1997;138:863-870.
2. Kuiper GG, Lemmen JG, Carlsson B, Corton JC, Safe SH, van der Saag PT, van der Burg B, Gustafsson JA. Interaction of estrogenic chemicals and phytœstrogens with estrogen receptor beta. Endocrinology 1998;139:4252-4263.
3. Teede HJ, Dalais FS, McGrath BP. Dietary soy containing phytœstrogens dœs not have detectable estrogenic effects on hepatic protein synthesis in postmenopausal women. Am J Clin Nutr 2004;79:396-401.
4. Naciff JM, Jump ML, Torontali SM, Carr GJ, Tiesman JP, Overmann GJ, Daston GP. Gene expression profile induced by 17alpha-ethynyl estradiol, bisphenol A, and genistein in the developing female reproductive system of the rat. Toxicol Sci 2002;68:184-199.
5. Chen Y, Isoflavones improve plasma homocysteine status and antioxidant defense system in healthy young men at rest but do not ameliorate oxidative stress induced by 80% VO2pk exercise. Ann Nutr Metab 2005 Jan-Feb;49(1):33-41
6. Colacurci N, Chiantera A, Fornaro F, et al. Effects of soy isoflavones on endothelial function in healthy postmenopausal women. Menopause 2005;12(3):299-307.
7. Squadrito F, Altavilla D, Crisafulli A, et al. Effect of genistein on endothelial function in postmenopausal women: a randomized, double-blind, controlled study. Am J Med 2003;114(6):470-6.
8. Wiseman H, O'Reilly JD, Adlercreutz H, et al. Isoflavone phytœstrogens consumed in soy decrease F(2)-isoprostane concentrations and increase resistance of low-density lipoprotein to oxidation in humans. Am J Clin Nutr 2000;72(2):395-400.
9. Tikkanen MJ, Wahala K, Ojala S, Vihma V, Adlercreutz H. Effect of soybean phytœstrogen intake on low density lipoprotein oxidation resistance. Proc Natl Acad Sci USA
1998;95(6):3106-10.
10. Messina M, Ho S, Alekel DL. Skeletal benefits of soy isoflavones: a review of the clinical trial and epidemiologic data. Curr Opin Clin Nutr Metab Care 2004;7(6):649-58.
11. Zhang X, Shu XO, Li H, et al. Prospective cohort study of soy food consumption and risk of bone fracture among postmenopausal women. Arch Intern Med 2005;165(16):1890-5.
12. Krebs EE, Ensrud KE, MacDonald R, Wilt TJ. Phytœstrogens for treatment of menopausal symptoms: a systematic review. Obstet Gynecol 2004;104(4):824-36.
13. Korde L FT, Wu A, et al. Adolescent and childhood soy intake and breast cancer risk in Asian-American women. Breast Cancer Res Treat 2005;88:S149.
14. Santibanez JF, Navarro A, Martinez J. Genistein inhibits proliferation and in vitro invasive potential of human prostatic cancer cell lines. Anticancer Res 1997;17(2A):1199-204.

